Newsletter 04
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Madame, Monsieur, Chers Amis,

Le jury a tranché : c’est le projet Continuum, proposé par Corinne Drossart, Gregory Peyrache et Guilhem Jacquet, qui a été choisi pour la scénographie de l’exposition place des Terreaux.

Petit retour en arrière : l’équipe de Veduta – Biennale de Lyon* avait souhaité travailler, pour la scénographie de ce nouveau projet, en partenariat avec les Ecoles d’Architecture de la région (pour la conception) et les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau (pour la fabrication).
Après différents contacts et réunions de travail, la collaboration s’est finalement engagée avec l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Etienne, où le directeur Martin Chénot a confié à Christophe Widerski, enseignant, le soin de mener à bien le projet.

Vingt-et-un étudiants de dernière année du Master « Paysage-Art-Design » ont été mobilisés, sous forme d’un workshop de dix jours en avril. Un jury a ensuite sélectionné le projet lauréat le 15 juin dernier.
Les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, quant à eux, accueilleront les étudiants en septembre pour la réalisation des éléments de la scénographie, mettant à disposition leurs locaux, leurs équipes et leurs savoir-faire.

Nous en profitons pour remercier les directeurs, enseignants, encadrants, étudiants, pour leur engagement et leur investissement à nos côtés dans cette aventure, dont la concrétisation sera visible les 13 et 14 octobre prochains place des Terreaux.

La suite de la newsletter est consacrée au contenu du workshop et à la présentation de chaque projet.

Bonne lecture
L’équipe de Veduta – Biennale de Lyon


Programme du workshop du 23 au 30 avril 2007
Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Etienne

CONTENUS :

Lundi 23 matin : ENSASE
9h30 : Introduction par Martin Chénot, Directeur de l’Ecole
Intervention de Thierry Raspail, Directeur artistique de la Biennale d’art contemporain
Présentation du projet Veduta par l’équipe de la Biennale, et du workshop par Christophe Widerski
Présentation, par les étudiants, des équipes de projets

Lundi 23 après-midi : Coxa Plana
14h : Rencontre avec les artistes de Veduta : Coxa Plana (Saint-Etienne) et Collectif Ici Même (Grenoble)
Visite du lieu (Le Gran Lux / entrepôts Bellevue)

Mardi 24 matin : ENSASE
10h00 : Rencontre avec les artistes de Veduta : KompleXKapharnaüM (Villeurbanne et agglomération)

Mardi 24 après-midi : ENSASE
14h00 : Rencontre avec les artistes de Veduta : Là hors de (Lyon 9e)
Mercredi 25 matin : place des Terreaux à Lyon
10h00 : intervention in situ de Christian Drevet, Concepteur de la place et enseignant à l’ENSASE
11h30 : intervention in situ de l’équipe technique de Veduta (caractéristiques et contraintes)

Mercredi 25 après-midi : Musée d’Art Contemporain de Lyon

14h00 : Rencontre avec les artistes de Veduta : Slimane Raïs (Lyon 8e), Jean-Claude Guillaumon (Saint-Fons), Laurent Mulot (Vaulx-en-Velin) et Niek van de Steeg (Lyon 2e Confluent)

Jeudi 26 : ENSASE
12h00 : Conférence de Julien Chopin et Nicola Delon / Agence « Encore Heureux »
Encadrement pédagogique de la journée par « Encore Heureux »
Le reste de la semaine se déroule à l’ENSASE : développement des projets.

Lundi 30 : ENSASE
Remise des projets d’étudiants.

JURY :

Date : vendredi 15 juin 2007
Lieu : Musée d’Art Contemporain de Lyon

Membres du jury :
ENSASE : Christophe Widerski et Pierre Janin (voix consultative).
Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau : Myriam Olivier, Alain Snyers, Maurice Nicolas.
Veduta - Biennale de Lyon : Thierry Raspail, Thierry Prat, Stéphanie Claudin et Xavier Phélut, Abdelkader Damani, Dominique Hurtebize, Thierry Fortune.

Présentation des projets par les étudiants
Délibération du jury : intérêt artistique et faisabilité technique ont été les deux critères pour le choix
Proclamation des résultats : 1er Continuum, 2e Terrassa, 3e Baromètre


Présentation des projets :
les 21 étudiants se sont organisés en sept équipes de trois personnes

Continuum / Corinne Drossart, Gregory Peyrache, Guilhem Jacquet,
Projet Lauréat

« L’enjeu de la scénographie pour Veduta est de confronter l’espace public et ses usages habituels à un événement ponctuel, celui d’une exposition d’art contemporain. Il s’agit donc de réinterpréter et de réinventer le mur blanc du musée, par une transposition dans un espace singulier : la place des Terreaux.
Les huit œuvres choisies questionnent des univers différents, utilisant des supports divers. Elles illustrent la grande variété de l’art contemporain aujourd’hui. Pourtant, il s’agit de rendre lisible cet événement, auprès d’un public pas toujours initié, comme étant une seule et même exposition, ce qui nous conduit à proposer une scénographie fédératrice, créant un lien entre chaque pièce exposée.
La scénographie présente l’idée du continuum, un continuum entre la place des Terreaux, qui devient espace muséal, et le reste de la ville. C’est aussi un continuum entre les artistes et les regards qu’ils proposent sur l’art contemporain.
L’espace public est l’espace de la déambulation. Les mouvements, les circulations, les déplacements sont ici utilisés comme processus de mise en forme. Le passage piéton, qui est un signe fort du déplacement dans l’espace public, se prolonge au-delà de ces limites, parcourt la place et les œuvres. Au sol il vient chercher le public dans les rues alentour, descend sous la place pour interpeller les usagers du parking, et guide le spectateur à travers l’exposition sur la place. Puis il s’élève, prend de l’épaisseur, et devient support de signalétique. Il passe au-dessus des œuvres et sert alors d’abri et de support aux œuvres qui n’en ont pas. La scénographie s’apparente à un ruban qui se déroule sur la place et même au-delà, créant une véritable identité visuelle à l’exposition.
La nuit, la lumière noire projetée rend phosphorescent le dispositif et amène à lire la scénographie continue entre les œuvres. Le blanc du ruban devient matière lumineuse, recréant une ambiance onirique en référence au monde de la nuit du quartier. »

Terrassa / Gautier Magaud, Frantz Métivier, Julien Berne
« Nous sommes partis du constat que la foule attirée par cet événement allait littéralement couvrir la place des Terreaux. Notre démarche en amont du projet consiste donc à laisser un maximum d’espace autour des œuvres ; il n’y a pas nécessité de remplir ce « vide » étant donné qu’il sera comblé. Nous avons ainsi travaillé selon le concept d’autonomie qui nous paraissait en adéquation avec ce projet de scénographie.
Il s’agit de travailler sur la perception de l’événement dans sa globalité, soit l’articulation des visiteurs, des artistes et de leurs productions ; en même temps, il faut que ce travail sur l’ensemble permette une lecture singulière de chaque œuvre : nous avons ici la double acception de la notion d’autonomie. Ce projet consiste donc à articuler un environnement avec la particularité du travail artistique afin de rendre lisible une œuvre dans son ensemble.
Nous avons considéré que « Veduta Events » devait se doter d’un système de communication ; comme tout événement, la clarté de l’ensemble passerait par l’information, le marketing : il s’agit bien sûr de faire signe. Voici le medium : nous avons choisi de transmettre l’information par des gobelets sérigraphiés présentant le placement des œuvres sur la place avec le nom des artistes. Ce système sémiologique est finalement peu coûteux, il présente une utilité et pourra facilement se répandre aux quartiers environnants. Le gobelet représente un lien symbolique entre les acteurs et les visiteurs qui agiront place des Terreaux. Il constitue « la com. » de l’événement.»

Baromètre / B. Tachon, O. Mie, R. Pasciuto
« Comment scénographier huit artistes place des Terreaux, dans un contexte urbain ? Plusieurs idées nous sont apparues, comme de jouer sur des matériaux et matériels de chantier, renvoyant aux travaux de rénovation de la place… mais cela restait confus, pas très cohérent… quand une chose nous a tout à coup sauté aux yeux : le quadrillage tracé au sol, cette trame impressionnante (de 6 mètres x 6 mètres) dessinée par Christian Drevet et Daniel Buren, « pixellisant » le sol, apparaissant comme des emplacements, comme une grille où l’on viendrait jouer aux Lego, emboîtant, déplaçant, jouant sur le vide et le plein.
Cette place des Terreaux, très institutionnelle (le couvent, l’hôtel de ville, synonymes de pouvoir) pouvait être revue pour aller en quelque sorte « contre l’institution », pour attirer, convoquer un public hétéroclite. En somme, il s’agirait de transformer cette place l’espace d’une trentaine d’heures en un lieu culturel et populaire.
Notre « concept » pourrait donc être d’installer une forêt de parasols de marché forain, dont les œuvres des huit artistes occuperaient les « clairières », l’idée étant de jouer sur le contraste entre la densité des pieds de parasols (forêt, espace contraint, sombre, « bas de plafond ») et l’ouverture des espaces accueillant les œuvres (clairière, espace aéré, lumière, hauteur).
Notre projet est donc uniquement constitué d’éléments industriels standards (parasols de marché, pieds de parasols), la signalétique étant assurée au moyen d’étals de marché détournés pouvant accueillir l’ensemble des mentions et des textes permettant l’identification et la compréhension des œuvres. »

Hé(Terreaux)gène / Elodie Giraud, Francis Grousson, Anne Elisabeth Caire
« Le concept repose sur une base simple : l’emploi de matériaux et d’objets économiques et recyclables, tôle ondulée et caisses de déménagement. Le principe de la tôle ondulée évoque le chantier, la palissade. Derrière l’imaginaire qu’il peut évoquer il vient interroger le territoire et ses mutations. C’est également un clin d’œil aux mutations diverses de la place : pendant ces 30 heures la palissade viendra interroger le passant sur ce qu’il se passe à l’intérieur de l’espace public.
Les caisses de déménagement, qui serviront parfois de support pour la présentation des artistes ou d’élément de mobilier pour s’asseoir, viendront créer des lieux d’échange, de pause, comme une invitation à prendre le temps de s’arrêter, de regarder et de participer aux diverses œuvres. Ces caisses évoquent également la métaphore du déménagement, ici le musée se déplace à l’extérieur par exemple. L’emploi de la tôle ondulée (qui est également en concordance avec l’échafaudage des tours de l’hôtel de ville) vient fermer certains espaces d’exposition quand l’œuvre de l’artiste l’exige, et donne une image redondante sur l’ensemble de l’exposition…»

Dialogue/ Frédérique Bailly, Magalie Ehret, Axelle Jouve
« Le projet de scénographie que nous avons imaginé cherche à accentuer le côté théâtral de la place des Terreaux. Les seuils de la scène signifiés par les quatre bords de la place sont marqués par la présence de totems invitant à la découverte de l’exposition. La place devient dès lors une véritable scène où l’on peut passer du statut de spectateur à celui d’acteur.
Un module de base, le cube de Buren et Drevet, se décline pour créer un ensemble de mobilier urbain permettant différents regards sur le travail des artistes. Ces objets sont à la fois support de signalétique, d’informations et illustrent le travail de chacun des artistes et collectifs grâce à un élément visuel de leur choix imprimé sur les faces des cubes. Cette démarche permet à la fois de prolonger leur création sur l’espace public et de dialoguer avec les autres artistes. De jour comme de nuit, la disposition de ces cubes induit un parcours à travers les œuvres présentées. Le soir, un système lumineux autonome intégré vient le recréer.
Cette scénographie tend à inviter les passants à s’arrêter quelques instants et à porter un regard sur ces œuvres contemporaines. »

Veduta / Naïma Benberdal, Vincent Biberon, Christophe Dore
« Concept : place des Terreaux ; les huit œuvres d’artistes sont réparties sur la trame du dallage, sans hiérarchie ; nous laissons libres les éventuelles interférences que génèrent les œuvres entre elles.
Sur la face supérieure de ces pièces : "Coxa plana - Saint-Etienne". Un cube de deux mètres de côté accompagne chacune des œuvres. Une couleur unique est utilisée pour chaque cube. Sur chacune des quatre faces visibles : « Veduta est un regard anthropologique porté sur l’art contemporain (…) ».
Chacun des huit cubes est composé d’un empilement de pièces volumétriques de petites tailles ; ces pièces peuvent servir de siège, de banc ou d’estrade aux visiteurs, qui les retirent du cube premier pour les transporter à leur gré sur la place. Saint-Etienne » ou « Laurent Mulot, Vaulx en Velin ». Sur la durée des trente heures, les cubes d’origine sont amenés à disparaître plus ou moins partiellement. Les éléments se déplacent et éventuellement se mélangent entre eux. Sous chaque cube originel, une plaque, trace du cube disparu, prend le relais des faces disloquées pour renseigner sur Veduta : « Veduta est un regard anthropologique porté sur l’art contemporain (…) ».

BabyDream / P. Granier, Y. Morgana, F. Maître
« Notre démarche est d’intégrer la temporalité au sein de l’exposition par des touches singulières, autonomes, ludiques. Nous prescrivons d’éloigner l’art de son institution prégnante, afin de l’intégrer pleinement dans le regard des individus. L’unification du catalogue formel proposé par la Biennale s’est exposée à nous comme une stratégie de révélation, et profitant de cette opportunité nous sommes entrés dans l’axe du dialogue où une certaine structure se déploie, se consomme et disparaît au bout de trente heures.
Au fur et à mesure des présentations par les artistes, nous remarquions leur besoin volumique, quasi obsessionnel ; il paraissait donc nécessaire de marquer une présence, une existence, un spectacle…
Une folie éphémère, le concept est jeté, consommable et oscillante, une sorte de neuvième présence sur la place, qui développe avec bonheur un nouveau langage entre l’œuvre et le spectateur. Recherchant l’artifice qui habille, qui fait scintiller le spectacle, nos pensées se sont naturellement portées sur l’objet du désir, du délice, de la saveur, du souvenir et du sourire : le bonbon. Frappé du cachet Veduta, celui-ci crée ainsi un environnement unique pour chaque œuvre, au sein de parois remplies de centaines de bonbons, ces murs se consommant au rythme des flux de spectateurs. L’environnement ainsi généré apporte une dimension supplémentaire à l’exposition, le souvenir d’un goût, d’une couleur, d’une ambiance originale contrastant avec l’expérience muséale, rendant l’art moins « intouchable » car éloigné des préceptes de l’institution. Cette identité momentanée durera dans la mémoire des spectateurs par l’odorat, le goût et la vue, trois sens mélangés qui aboutiront à un souvenir partagé. Socialement admis par tout le monde, ce petit morceau de sucre acidulé devient le fil rouge de l’exposition Veduta. »